dimanche 26 avril 2020

L’Afrique : Nouvel épicentre du Covid-19 ! RDC : la catastrophe sanitaire promise n’aura pas lieu!



Lettre ouverte à son Excellence Monsieur Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la RDC,                                                                                


La Commission économique des Nations Unies, dans son rapport rendu public, déclare que l’Afrique devrait déplorer au moins 300 000 morts liés à la pandémie du Coronavirus[1]. Cela ferait de notre continent le nouvel épicentre du covid19.

L’occident veut venir en aide à l’Afrique en prévision de la Catastrophe sanitaire qui guette les africains alors qu’il est lui-même est frappé par la maladie avec souvent des mesures à tâtons qui sont prises en vue d’envisager une sortie de crise sans précédent.
En RDC, des personnes et  scientifiques de renom nous prédisent un chaos sur le plan sanitaire pire qu’en Italie et aux USA.

Il est vrai qu’en termes d’infrastructure, la RDC manque presque de tout, cela étant dû à une absence criante de l’état. Le gros des infrastructures date de l’époque coloniale. Les pouvoirs publics n’ont rien investi dans le domaine de la santé.
A titre d’exemple, Il est répertorié seulement 50 respirateurs en RDC pour 80 millions d’habitants, alors qu’en France il y a 5000 respirateurs pour 67 millions d’habitants et en Belgique 2100 respirateurs pour 11,5 millions d’habitants.
Il est dès lors évident qu’en cas d’épidémie pouvant envoyer 15 % d’une population  touchée par le virus à l’hôpital, ceci serait une hécatombe pour la RDC. En effet, les éventuelles hospitalisations concerneraient environ 12 millions de personnes dont 2,4 millions nécessiteraient l’admission dans une unité des soins intensifs avec un besoin probable de respirateurs.
Pour rappel, la RDC n’en dispose que de 50 !

Heureusement que la réflexion ci haut reste théorique…

Pour avoir une réflexion qui soit la plus proche de la réalité, nous nous sommes attardés sur la période entre le 10 mars et le 25 avril 2020.
Entre ces deux dates il y a une explosion de chiffres de décès en rapport avec le Coronavirus. Nous sommes passés d’environ 4000 décès le 10 mars à 200 000 décès en moins de 7 semaines environ. C’est une augmentation de plus de 4000% durant cette période. ,l’Afrique déclare environ 1352 décès en rapport avec le Corona virus soit à peine 0,67 %.
Le covid19 est officiellement présent sur le continent africain depuis au moins 2 mois.
Il n’y a pas eu de mesures particulières efficaces mise en place, .Malgré cela, la catastrophe sanitaire liée au covid19 se fait toujours attendre.

Maintenant, ces alarmistes nous la promettent pour le mois de mai 2020, mais nous avons des raisons de croire qu’elle n’aura pas lieu.

Avant de balayer la thèse alarmiste de catastrophe sanitaire à venir en Afrique subsaharienne et particulièrement en RDC, voici quelques dates qui nous paraissent importante :
- le 10 mars déclaration du premier cas de Covid19 en RDC.
- Le 6 avril : isolement de la Gombe, considérée comme épicentre de la pandémie du Covid-19 en  RDC.Cette commune est le centre politique, économique et diplomatique de la capitale de Kinshasa.
- Le 20 avril : Port du masque obligatoire dans l’espace public. N’oublions pas qu’au début, il y a eu toute une série de campagne de sensibilisation de la population aux mesures barrières.
- le 25 avril : 416 cas dont 28 morts.

Finalement, pourquoi cette catastrophe tant promise ne surviendra pas en RDC et en Afrique subsaharienne :

Premièrement, la population africaine est une population jeune. Il suffit pour cela d’analyser la moyenne d’âge à travers les populations du monde. La pyramide des âges en Afrique en général et en RDC en particulier, montre une population jeune, voire très jeune en grande partie.
L’âge moyen des Congolais est de 20 ans. On estime la population au-dessus de 65 ans à environ de 3 % de la population totale en RDC (soient 2 400 000 personnes sur l’étendue de la république).
À Kinshasa, cela pourrait concerner environ 300 000 personnes sur les 10 à 12 millions de personnes qui vivent à Kinshasa.
L’observation de ces quelques semaines d’évolution du Coronavirus partout dans le monde et particulièrement en Belgique, où nous participons activement à la prise en charge de cette pandémie, plus de 90 % de décès concernent les personnes âgées de plus de 75 ans.
Les personnes de 65ans et plus sont estimées à environ  20 % de la population. L’âge moyen du Belge est de 40 ans.
En Afrique subsaharienne en général, en RDC en particulier et plus précisément à Kinshasa ; la population est jeune. Cette catégorie de personnes (les jeunes) est rarement exposée aux formes graves de Corona virus.
Pour ce qui est des comorbidités ou les pathologies chroniques:
Les patients présentant des comorbidités ont tendance à développer la forme grave de la maladie nécessitant dans l’immense majorité des cas une hospitalisation et en cas de difficultés respiratoires un placement dans des unités de soins intensifs.
En Belgique, où l’infrastructure sanitaire est adaptée, le système n’a pas été dépassé par la vague épidémique du Coronavirus,  malgré quelques tergiversations en début de crise.

De cette expérience belge, que constate-t-on ?
L’âge est le principal facteur aggravant par rapport à la mortalité des patients touchés par le Covid-19. En effet environ 95 % des patients décédés ont plus de 65 ans.

Pour le reste, environ 5 % des décès, cela concerne principalement des personnes présentant des comorbidités (l’hypertension, diabète, cholestérol, autre pathologie cardio-vasculaire, pathologie pulmonaire, immunitaire, rhumatismale etc.).
Ceci pour dire qu’il n’y a presque pas de cas des décès chez les personnes de moins de 65 ans sans présence de comorbidité. Cela ne veut pas dire qu’il y a n’a pas eu ; mais cela reste extrêmement rare et exceptionnel.
Qu’est-ce que nous avons observé à Kinshasa principalement ? La population, en général, est en bonne santé, en très bonne santé. Nous les considérons comme des guerriers.  Ces personnes ont survécu d’une part au drame qui frappe la population infantile et la petite enfance par manque de structures adéquates de prise en charge, y compris la vaccination, et d’autre par la razzia de la pauvreté qui emporte généralement dans leur tombe, les personnes souffrant des pathologies chroniques qui n’ont pas les moyens de s’offrir leur traitement au quotidien.
C’est finalement ces conquérants de la vie que constitue l’immense majorité de la population de Kinshasa que nous croisons dans les rues. Cela se vérifie dans plusieurs grandes villes de l’Afrique noire.
Qui sont finalement les personnes qui souffrent de pathologies chroniques (comorbidité) et qui arrivent à se maintenir en vie ? C’est sont les « nantis », les personnes qui ont les moyens de se payer leur traitement chronique, antihypertenseur, insuline pour le diabète, etc.
C’est justement parmi cette population des « nantis » et les personnes âgées que le Coronavirus pourrait faire des ravages. C’est déjà plus ou moins ce que nous observons, sans avoir pu nous rendre sur le terrain.
En s’installant sur le territoire national, le Coronavirus a causé des dégâts au sein de cette catégorie (les nantis) qui représentent finalement une minorité de la population en RDC.
Beaucoup attendent le pic épidémique de la présence du Coronavirus à Kinshasa alors que celui-ci serait déjà passé (probablement fin janvier 2020),le virus étant  présent en RDC depuis quelques mois déjà. 

Seulement nous ne le connaissions pas. Donc nous ne le cherchions pas. Ce n’est qu’à partir de la mi-mars 2020 que nous avions commencée à rechercher la présence de ce virus en RDC.
A la fin du mois janvier2020, nous assistions déjà à la présence d’une épidémie de grippe inhabituelle pour la période. Certains kinois de notre entourage ont tenté de soigner avec 2 voire 3cures de d’anti-malariques avant de se sentir mieux. Une catégorie de personnes a pris 3cures de d’anti-malariques, une seconde catégorie rencontrée a pris 2 cures contre la malaria sans succès à laquelle elle a rajouté une cure contre la fièvre typhoïde pour enfin se sentir mieux. La  dernière catégorie rencontrée se soignait symptomatiquement jusqu’à se sentir bien.

Beaucoup de personnes s’étonnaient de rencontrer cette épidémie de grippe en pleine saison de pluie alors qu’habituellement, ce genre de problème est rencontré plutôt à la saison sèche.
Alors que le premier cas de Corona virus identifié en Chine date du 17 novembre 2019, le monde entier prend connaissance de son existence seulement à partir du 3 janvier 2020 sur base d’un article de la BBC qui décrivait l’existence d’un « virus mystère ».

A ce moment, l’OMS écrivait sur son site qu’il n’y avait aucune preuve de transmission de ce mystérieux virus entre les humains, sur base des informations fournies par les Chinois.
L’information de l’existence du Coronavirus sera officialisée le 12 janvier 2020 et dans la foulée, la publication de la séquence complète du génome de ce virus par les chinois.

Pendant ce temps des vols étaient organisés sans aucun contrôle en matière sanitaire entre la Chine et le reste du monde. La RDC n’ayant pas échappé à cette faille. En effet, les vols de la compagnie Ethiopian Airlines, principal transporteur des Congolais en direction de la Chine et inversement, a continué ses activités dans cette région jusqu’à la fermeture des frontières seulement mi-avril 2020.
Nous pensons donc que le virus a bien pu entrer en RDC déjà depuis décembre 2019.

Les commerçants Congolais en provenance de la Chine ont bien pu ramener le virus et le disperser dans la population avec laquelle ils sont en contact dans le cadre de leurs affaires.
Pour ce qui concerne la vague épidémique actuelle en RDC, elle serait donc la seconde vague de la présence du virus et qui proviendrait presque exclusivement de l’Europe. Cette seconde vague touche principalement « les nantis». La population des guerriers étant déjà atteinte par la première vague n’est quasi pas touchée par cette seconde vague. Nous pensons que c’est parce qu’elle est déjà immunisée de la première vague de syndrome grippale non identifié officiellement comme Covid19.
Il  se développe ainsi, dans les rue de Kinshasa, la théorie selon laquelle le coronavirus est une maladie des riches. Une théorie similaire prend court à Dakar, au Sénégal disant que le covid19 est une maladie des blancs (les français).

Il est vrai qu’avec cinquante respirateurs pour l’ensemble du territoire en RDC, celui-ci ne peut pas faire face à une épidémie qui requiert une infrastructure sanitaire conséquente.
Mais, pour des raisons évoquées ci-haut, nous pensons et sommes convaincus que l’hécatombe que nous promettent les Nations unies, l’OMS et certaines personnalités de renom dans le monde n’aura pas lieu.

Si seulement nous pouvions disposer des tests sérologiques et procéder à un échantillonnage au sein de la population générale des « guerriers », nous sommes convaincus que ceux-ci ont déjà pu être en contact avec la maladie et ont certainement développé la forme mineure ne nécessitant pas une hospitalisation.

Enfin, la difficulté pour les populations de se déplacer entre les grandes villes et les coins éloignés sert de barrière à la propagation des épidémies vers l’interieur du pays. Ceci vient également appuyer notre analyse.
Par contre, nous émettons de sérieuses réserves par  rapport à  un quelconque protection contre  le Covid-19 liée  à  une protection générale des populations du fait de l’usage régulier des anti-malariques.

Cette réflexion menée sur base de la population kinoise peut être étendue à l’Afrique subsaharienne à l’exception de l’Afrique du Sud.
Nous recommandons ainsi aux autorités de ne pas céder à la panique. Le virus de la peur, de la crainte, de l’inquiétude est bien plus dangereux que le virus du Coronavirus. Cela peut nous mener à prendre des décisions inadaptées voire des mauvaises décisions.
Nous encourageons les autorités de continuer à mener les actions en rapport avec la promotion des mesures barrières.
Par contre les mesures de confinement nous paraissent être totalement inadaptées aux réalités locales. Les populations risquent de mourir de faim, ce qui est un autre fléau qui tue bien plus que le coronavirus dans nos contrées.
D’ailleurs, ces mesures de confinement ne sont et ne seront certainement pas respectées vu le niveau de pauvreté de la population générale.

Par contre, le port du masque est une mesure qui nous paraît très intéressante, même si les masques ne sont pas toujours de bonne qualité. Ils pourront au  moins aider la population par rapport à la respiration de la poussière, qui est un autre problème de santé publique en rapport avec les pathologies respiratoires.


Docteur Peter Ndjadi Yela
CHU Ambroise Paré Mons
+32477733929     

ET
                                   
Patrick Ndjadi Ombombo                               
Expert en Couverture Soins de Santé                          

Défenseur du Droit à la Santé                       
patrickndjadi@cramurdc.org
+32473672186
+243994469950

                                                          
                                                                                     




[1] https://news.un.org/fr/story/2020/04/1066862

jeudi 26 mars 2020

Quel système de santé en RDC, face à la pandémie Covid 19 et la promesse de la mise en œuvre de la CSU pour 2020 par le chef de l’état ?

Un mois après la conférence internationale de Kinshasa sur Couverture sanitaire universelle(CSU) et le début de la propagation de la maladie à coronavirus en RDC, il nous semble important de rappeler de manière  sommaire les problématiques liées au système de santé.

Loin de nous l’idée de le stigmatiser mais plutôt nous pensons qu'un rappel  s’impose vu le contexte lié à la pandémie actuelle. Chaque pays doit prendre de mesures pour limiter la propagation de la maladie mais surtout doit au travers de son système de santé, examiner des personnes à risque, prendre en charge et surtout soigner localement les malades.
Il est sans conteste que, le système de santé est défaillant et a besoin d’investissement pour répondre aux besoins sanitaires de la population. Et cet état des faits est confirmé par plusieurs rapports locaux et internationaux. L’exemple le plus criant avec cette crise sanitaire, est le fait que le pays ne dispose à l’heure actuelle que d’un seul Centre, où on peut se faire examiner alors que les personnes porteuses de ce virus peuvent être disséminées sur toute l'étendue du territoire national.
Il est donc évident, que la matérialisation d’une couverture sanitaire universelle dans ce contexte et selon sa définition  la plus stricte, à savoir « offrir aux populations les soins dont ils ont besoin, et que soins doivent être de qualité suffisante sans que cela n’entraine leur appauvrissement » est un objectif à atteindre mais qui passe par des préalables multisectoriels. D’ailleurs, de la conférence internationale de Kinshasa sur CSU, sont sorties diverses recommandations à ajouter au plan stratégique. Elles touchent aux systèmes de santé dans sa globalité et doivent être appliquées comme étant le maillon d’une chaîne. Nous pensons : à la redevabilité, la formation du personnel soignant, au paiement de salaires, à l’équipement et l’accessibilité des centres hospitaliers,  l’eau potable, électricité etc. ;
Nous avons voulu aborder parallèlement,  le début de la gestion de la maladie à coronavirus et la question de la CSU en RDC car elles permettent de mettre en lumière les problèmes du système de santé congolais ce qui n’est pas une nouveauté. Par contre, nous devons apprendre à résoudre le problème du système sanitaire dans une vision holistique et d’éviter des solutions ponctuelles qui s’apparentent à un éternel recommencement.
La gestion de la pandémie actuelle, au travers de mesures de fermeture de frontières et de la prise en charge médicale locale, ne doit être pas être seulement l’occasion de démontrer les limites de notre système sanitaire mais elle doit responsabiliser les décideurs politiques et leur rappeler que la mobilisation de ressources financières pour un investissement dans la santé est une priorité. D’autant plus que notre constitution, à son article 47, consacre le droit à la santé comme étant un droit fondamental pour tous les congolais.
« L’accès aux soins de santé est un droit pour tous.. ; Notre avenir en dépend »  est d’ailleurs notre Slogan chez CRAMU RDC.
Nos dirigeants luttent pour arrêter la verticalité de financement des partenaires internationaux pour une horizontalité alors que le pays ne fait pas assez d’effort financier pour rétablir un système qu’on a détruit. À titre d’exemple, le Fonds Mondial met près de 600 millions de dollars sur 2 ans pour un financement vertical de 3 maladies, le paludisme, la tuberculose et le sida. Un montant qui dépasse même la prévision budgétaire la plus élevée de la santé.
À la différence de beaucoup de pays africains, la RDC était dotée d’un système sanitaire qui fonctionnait. Nous devons d’abord prendre conscience de notre responsabilité dans la faillite de ce système santé et ensuite initier son redressement.
Imaginons un seul instant, qu’on ait un besoin commun dans nos différentes provinces, d’autant d’appareils respiratoires qu’en Italie.  Non seulement nous serons incapables d’offrir aux populations les soins dont elles ont besoin mais également nous devrons faire face aux problèmes multisectoriels de notre système de santé : hôpitaux, fournitures sanitaires, eau potable et électricité.
C’est pourquoi nous prônons des solutions qui touchent le système de santé dans sa globalité, quitte à avoir des solutions holistiques à court, moyen et long terme en fonction de notre budget et non de solutions sous forme de pansement d’une plaie, comme c’est souvent le cas.
Autrement dit, le gouvernement devrait être capable de nous présenter une prévision budgétaire pour rétablir le système santé congolais, le nombre d’années que cela pourrait prendre. Et à la fin de son exercice, nous faire un bilan de ce qui a été accompli dans le cadre d’un programme global.

Patrick Ndjadi Ombombo
Expert en Couverture Soins de Santé
Défenseur du Droit à la Santé 
patrickndjadi@cramurdc.org
+32473672186
+243994469950

vendredi 29 novembre 2019

À quand une Assurance Maladie Universelle en République Démocratique du Congo ?



Le  Congo reste un pays particulier dans son fonctionnement : ses élites sont capables de penser au fonctionnement d’un futur État de droit et même de légiférer sur tous les problèmes que peuvent rencontrer les congolais. Cependant, ces textes légaux qui régissent diverses matières de la société souffrent souvent d’un manque d’application effective, faute de décrets, de budgets conséquents ou simplement de volonté politique.

Si le congolais pouvait se prévaloir de tous les textes légaux, il vivrait surement dans un Etat où règnerait la justice, l’équité, paix etc… ce que d’aucun pourrait assimiler à un pays parfait.

La question de la couverture sanitaire universelle suit pour le moment, le même parcours que la plupart de questions sociétales qui doivent être réglées à l’initiative de l’État. La couverture soins de santé universelle veut dire :
  1. Pour être efficace,  fournir à toutes les personnes un accès aux services de santé de qualité suffisante dont elles ont besoin notamment : la prévention, la promotion, le traitement, la rééducation et les palliatifs.
  2. S’assurer que l’utilisation de ces services n’expose pas les bénéficiaires à des difficultés financières.
De cette définition, il est évident que la matérialisation des ses attributs est loin d’être une réalité en République Démocratique Congo, ceci pouvait être le cas si les lois en vigueur étaient effectivement appliquées. Nous pensons notamment :
  •   À l’article 178 du code de travail, qui oblige les employeurs à fournir les soins médicaux aux travailleurs et aux membres de leur famille durant toute la période contractuelle,
  • ·       À la loi du 8 février 2017 sur le fonctionnement de mutualité[1],
  • ·       À l’article 134 de la Loi du 15 janvier 2013 portant Statut du militaire des Forces armées[2],
  • ·       Et surtout La loi du 13 décembre 2018 fixant les principes fondamentaux relatifs à l’organisation de la santé publique.
Les trois premières législations ayant déjà été abordées dans nos précédents articles, nous allons jeter notre dévolu sur la loi du 13 décembre 2018.  

Une loi de plus, qui aborde la question de l’assurance maladie universelle. À la différence des autres législations, cette dernière loi définit clairement la couverture sanitaire et pose le socle sur lequel cette couverture universelle doit être construite. Elle prévoit la création d’un Fond de Solidarité de la santé destiné à financer la couverture sanitaire universelle.

Ce Fonds de Solidarité sera alimenté par le Budget national, les assurances de tout régime d’assurance-maladie, les legs et les donations. Il est également prévu la possibilité pour l’Etat de créer une taxe pour financer ce fond de solidarité.
Néanmoins, cette législation ne répond pas toujours aux questions du financement. La problématique reste opaque pour tous les citoyens. La loi prévoit une couverture universelle mais l’État ne met pas assez de moyens ou n’adapte pas son espace budgétaire. 

À peine 8,8 % du budget de +- 5 milliards de dollars de l’exercice budgétaire précédent[3] et 5,6% pour une prévision budgétaire de +- 10 milliards pour 2020[4] sont consacrés à la santé. On est encore loin de 35 à 40 (dollars minimum) par habitant et par an, recommandé par L’Organisation Mondiale de la Santé[5] pour assurer les services de santé essentiels. 

En d’autres termes, la prévision budgétaire la plus élevée ne consacrerait que +- 560 millions de dollars à la santé alors que le minimum pour une population de plus de 90 millions d’habitants serait de plus de 3 milliards des dollars selon les chiffres de L’OMS


En outre, cette loi du 18 décembre 2018 ne consacre pas non plus, une assurance maladie obligatoire pour tous les congolais

Nous sommes convaincus, que le point départ d’une couverture sanitaire universelle en RDC sera d’une part,  le vote d’une loi qui obligera tous les congolais à s’assurer pour les soins de santé. (Ce qui va contraindre l’État à payer pour ceux qui n’ont pas les moyens). Et d’autre part la capacité de mobilisation des ressources financières. 

C’est pourquoi, nous militons en tant que défenseurs du droit à la santé (CRAMU), pour que la RDC réalise certains objectifs qui vont précéder l’implantation d’une couverture sanitaire universelle notamment:

La réhabilitation de notre système de santé qui était un des systèmes de référence à la sortie de la colonisation, la réorganisation de l’espace budgétaire, un financement progressif, la priorité aux populations faibles et aux soins primaires. C'est-à-dire une couverture des soins de santé par étape.



Patrick Ndjadi Ombombo
Consultant en couverture soins de santé
+32473672186 
+243994469950


[1]«  Sur le chemin de la couverture de santé universelle en RDC : Espoir, Rêve et Raison ! » http://www.cramurdc.org/index.php/72-cramurdc/506-sur-le-chemin-de-la-couverture-de-sante-universelle-en-rdc-espoir-reve-et-raison

[2]«  La gratuité des soins de santé en République Démocratique du Congo : le cas des militaires »  http://www.cramurdc.org/index.php/72-cramurdc/507-la-gratuite-des-soins-de-sante-en-republique-democratique-du-congo-le-cas-des-militaires

[3] « RDC : Budget 2018 scruté en 9 points par la Société Civile ! » https://zoom-eco.net/finance/rdc-budget-2018-scrute-en-9-points-par-la-societe-civile/

[4] «Un budget 2020 orienté vers l'éducation en RDC » https://www.dw.com/fr/un-budget-2020-orient%C3%A9-vers-l%C3%A9ducation-en-rdc/a-51316407 

[5] « Investir dans la santé en Afrique : Un partenaire pour améliorer les conditions dans la vie privée, p2 www.ifc.org/SanteenAfrique